↑ «Abbieannian Novlangue» exhibition view, Paul Kindersley, The Most Dangerous People In The World Are Those Who Believe That They Know What Is Best For Others 2020, 500 x 250 cm, Wall painting, japanese ink, acrylic paint on wood — Sultana, Feb 2020 © aurélien mole
↑ «Abbieannian Novlangue» exhibition view, Paul Kindersley, The Most Dangerous People In The World Are Those Who Believe That They Know What Is Best For Others 2020, 500 x 250 cm, Wall painting, japanese ink, acrylic paint on wood — Sultana, Feb 2020 © aurélien mole
↑ «Abbieannian Novlangue» exhibition view, Left : Henry Darger (1892—1973), Untitled (Flamingo Abbieannian Girlscouts), date inconnue, date unknown, 20,3 x 30,50 cm, aquarelle et crayon sur papier, watercolour and pencil on paper. Right : Drawings and painting, Matthias Garcia - Sultana, Feb. 2020 © aurélien mole
↑ «Abbieannian Novlangue» exhibition view, Matthias Garcia, Drawings and painting - Sultana, Feb. 2020 © aurélien mole
↑ «Abbieannian Novlangue» exhibition view, Paul Alexandre Islas, Ready To ride (on my way to see the guy who pays my bills), 2019, 18 x 27 x 11 cm, technique mixte, mixed media - Sultana, Feb. 2020
↑ «Abbieannian Novlangue» exhibition view, Paul Alexandre Islas, Ready To ride (on my way to see the guy who pays my bills), 2019, 18 x 27 x 11 cm, technique mixte, mixed media / Matthias Garcia, La Nuit Des Filles-Fleurs, 2019, 74 x 116 cm, huile sur toile, oil on canvas / Alban Diaz, Playground, 2019, 180 x 360 cm, sol souple pour enfant, caoutchouc, soft floor for children, rubber - Sultana, Feb. 2020 © aurélien mole
↑ «Abbieannian Novlangue» exhibition view, Alban Diaz / Kevin Blinderman, If Henry Darger was here, he would do NightCore, 2019, Youtube channel broadcast from a MacBook / Thomas Liu Le Lann / Henry Darger / Paul Alexandre Islas / Salome Jokhadze - Sultana, Feb. 2020 © aurélien mole
↑ «Abbieannian Novlangue» exhibition view, Alban Diaz / Kevin Blinderman, If Henry Darger was here, he would do NightCore, 2019, Youtube channel broadcast from a MacBook / Thomas Liu Le Lann / Henry Darger / Paul Alexandre Islas - Sultana, Feb. 2020
↑ «Abbieannian Novlangue» exhibition view - Sultana, Feb. 2020
↑ «Abbieannian Novlangue» exhibition view, Thomas Liu Le Lann, Hooked On Your Narcissism, 2020, acier, steel, dimensions variables, variable dimensions / Henry Darger, Untitled (Blengins), circa 1950 — 1960, 69 x 92,5 cm, gouache sur papier, gouache on paper / Paul Alexandre Islas, GBL WITHDRAWAL OUTFIT, 2020, 148 x 58 x 48 cm, mixed media - Sultana, Feb. 2020 © aurélien mole
↑ «Abbieannian Novlangue» exhibition view, Thomas Liu Le Lann Hooked On Your Narcissism, 2020, steel, variable dimensions - Sultana, Feb. 2020
↑ «Abbieannian Novlangue» exhibition view, Thomas Liu Le Lann, Hooked On Your Narcissism, 2020, acier, steel, dimensions variables, variable dimensions / Henry Darger, Untitled (Blengins), circa 1950 — 1960, 69 x 92,5 cm, gouache sur papier, gouache on paper / Paul Alexandre Islas, GBL WITHDRAWAL OUTFIT, 2020, 148 x 58 x 48 cm, mixed media - Sultana, Feb. 2020
↑ «Abbieannian Novlangue» exhibition view, Régina Demina, Dans La Gorge Une Epine , 2020, musique diffusée sur téléphone, écouteurs, music broadcast on cellphone, headphones / Paul Alexandre Islas, GBL WITHDRAWAL OUTFIT, 2020, 148 x 58 x 48 cm, mixed media / Salome Jokhadze, Untitled (This Is Not A Costume), 2019, 60 x 60 cm, huile sur toile, broderie, oil on canvas, embroidery - Sultana, Feb. 2020 © aurélien mole
↑ «Abbieannian Novlangue» exhibition view, Paul Alexandre Islas, GBL WITHDRAWAL OUTFIT, 2020, 148 x 58 x 48 cm, mixed media / Salome Jokhadze, Untitled (This Is Not A Costume), 2019, 60 x 60 cm, huile sur toile, broderie, oil on canvas, embroidery - Sultana, Feb. 2020 © aurélien mole
↑ «Abbieannian Novlangue» exhibition view, Paul Alexandre Islas, GBL WITHDRAWAL OUTFIT, 2020, 148 x 58 x 48 cm, mixed media / Salome Jokhadze, Untitled (This Is Not A Costume), 2019, 60 x 60 cm, huile sur toile, broderie, oil on canvas, embroidery - Sultana, Feb. 2020 © aurélien mole
↑ «Abbieannian Novlangue» exhibition view, Paul Alexandre Islas, GBL WITHDRAWAL OUTFIT, 2020, 148 x 58 x 48 cm, mixed media / Salome Jokhadze, Untitled (This Is Not A Costume), 2019, 60 x 60 cm, huile sur toile, broderie, oil on canvas, embroidery - Sultana, Feb. 2020
↑ «Abbieannian Novlangue» exhibition view, Salome Jokhadze, Untitled (This Is Not A Costume), 2019, 60 x 60 cm, huile sur toile, broderie, oil on canvas, embroidery / Matthias Garcia, Groupe, 2019, 24 x 33 cm, encre de chine et aquarelle sur papier, chinese ink and watercolour on paper / Henry Darger (1892—1973), Untitled (Girlscouts Called Viviannites), date inconnue, date unknown, 30,50 x 20,3 cm, aquarelle et crayon sur papier, watercolour and pencil on paper - Sultana, Feb. 2020 © aurélien mole
↑ «Abbieannian Novlangue» exhibition view, Matthias Garcia, Groupe, 2019, 24 x 33 cm, encre de chine et aquarelle sur papier, chinese ink and watercolour on paper / Henry Darger (1892—1973), Untitled (Girlscouts Called Viviannites), date inconnue, date unknown, 30,50 x 20,3 cm, aquarelle et crayon sur papier, watercolour and pencil on paper - Sultana, Feb. 2020 © aurélien mole
↑ Henry Darger, Untitled (Flamingo Abbieannian Girlscouts) Watercolour and pencil on paper, date unknown, 20,3 x 30,50 cm — Sultana, Feb 2020
↑ Heny Darger, Untitled (Blengins) Circa 1950 — 1960, Gouache on paper, 69 x 92,5 cm, Sultana, Feb. 2020
↑ Salome Jokhadze, Untitled, 2019, (This Is Not a Costume), Oil paint on canvas, embroidery 60 x 60 cm, Sultana, Feb. 2020
↑ Thomas Liu Le Lann Hooked On Your Narcissism, 2020, steel, variable dimensions, Sultana, Feb. 2020 © aurélien mole
↑ Matthias Garcia, The Lure, 2020, 80 x 80 cm, Oil on canvas, Sultana, Feb. 2020
↑ Matthias Garcia, Dustin, ou le mirage d’amour, 2019, 130 x 97 cm, Oil on canvas, Sultana, Feb. 2020
↑ Matthias Garcia, Dustin, ou le mirage d’amour, 2019, 130 x 97 cm, Oil on canvas, Sultana, Feb. 2020
↑ Matthias Garcia, Mort, 2020, 25 x 25 cm, oil on canvas, Sultana, Feb. 2020
↑ Matthias Garcia, Cueillir la Mort, 2020, 22 x 27 cm, oil on canvas, Sultana, Feb. 2020
↑ Matthias Garcia, Vivre ne suffit pas, 2020, 36 x 26 cm, chinese ink and watercolour on paper, Sultana, Feb. 2020
↑ Matthias Garcia, Une Chimère, 2020, 24 x 24 cm, watercolour and pencil on paper, Sultana, Feb. 2020
↑ Matthias Garcia, Le début du printemps, 2020, 15 x 21 cm, chinese ink and watercolour on paper, Sultana, Feb. 2020
↑ Matthias Garcia, Shota with fish, 2020, 20 x 20 cm, chinese ink and watercolour on paper, Sultana, Feb. 2020
↑ «Abbieannian Novlangue» exhibition view, Left : Paul Alexandre Islas, Ready To ride (on my way to see the guy who pays my bills), 2019, 18 x 27 x 11 cm, technique mixte, mixed media. Right : Alban Diaz, Playground, 2019, 180 x 360 cm, sol souple pour enfant, caoutchouc, soft floor for children, rubber - Sultana, Feb. 2020 © aurélien mole
↑ Matthias Gracia, Noyade, 2020, oil on canvas, 35x35 cm
PRESS RELEASE:

Henry Darger (1892-1973) écrit en première page du volume I de The Story of the Vivian Girls in the Realms of the Unreal : « Par Henry Joseph Darger. L’auteur d’une histoire palpitante ».

Palpitante, son œuvre écrite l’est assurément. Sur quinze mille pages tapées à la machine et réparties en plusieurs volumes, Henry Darger déploie le récit épique des sept sœurs Vivian et des enfants-esclaves en proie aux violences des adultes, les sadiques Glandeliniens. Il conçoit également des illustrations qui existent très vite de manière autonome. Les scènes de bataille et de massacre où l’on voit apparaître les jeunes filles dénudées munies d’un pénis n'occupent qu’une partie de l’ensemble de sa production visuelle(1). C’est pourtant celles qui ont retenu l’attention des détracteurs et des admirateurs de l’artiste puisqu’elles témoignent d’une violence inouïe et d’une ambiguïté sans pareil. Pourquoi ses jeunes filles sont-elles dotées d’un organe sexuel masculin?

Le mystère demeure, et avec lui s’envolent les élucubrations : Darger “Poussin de la pédophilie”, Darger sadique, Darger vieux vicelard. Une chose est sûre, Henry Darger a eu une enfance difficile, isolée qu’il cherche à reconstruire et consolider par le biais de ses fictions(2) .

Face à une telle avalanche de spéculations, on oblitère la dimension proto-pop de son oeuvre. Henry Darger amasse, années après années des coupures de presse représentant des petites filles (disparues, notamment) et des publicités, en complément des cahiers de coloriage et de la littérature enfantine. Cette imagerie grand public octroie une mièvrerie aux fillettes représentées. Darger réceptionne cette convention dérangeante propre à son époque tout comme il la détourne en la complexifiant. En dotant d’organes masculins ces jeunes protagonistes, il démonte, à son insu, l’entreprise de construction de genre véhiculée par la presse et les livres pour enfant. De même, il insuffle, a posteriori, une conscience du genre qui interpelle bon nombre d’artistes contemporains, tel Paul Kindersley. L’exposition Abbieannian Novlangue est née de cette observation et entend poursuivre la série d’expositions consacrées à l’héritage de Henry Darger dans l’art contemporain, et par extension, dans le domaine musical, avec Regina Demina.

Pensée comme le deuxième volet d’une exposition itinérante et évolutive, Abbiennian Novlangue réunit huit artistes émergent.e.s, dont la plupart ont été précédemment exposé.e.s lors du premier volet (Henry Darger Summer Camp, Extramentale Arles, mai 2019). Ils/elles ont entre 22 et 34 ans et résident principalement en Europe, à l’exception de Salome Jokhadze, jeune artiste Géorgienne, dont l’oeuvre peinte arbore l’étrange silhouette d’une petite sainte mystique et fantastique. Rares sont les œuvres qui empruntent un dispositif narratif “à la Darger “: une scène d’extérieur ou d’intérieur dans laquelle se déploie un ensemble de silhouettes féminines androgynes et/ou convenues. Les scènes de groupes sont absentes de l’exposition qui cherche davantage à souligner le rapport des jeunes artistes aux mondes de l’enfance qu’ils soient rendus manifestes par le biais des processus d’infantilisation et de démarcation dans l’espace urbain - soulevé par Alban Diaz - ou via les références aux contes d’Andersen, telle la Petite Sirène, entremêlées à la culture internet et du “Selfish”, de Matthias Garcia. Car, cette exposition soulève la question des conditions matérielles de production de l’œuvre de Darger. Nourri par la culture livresque de son époque (dont Le Magicien d’Oz de Frank Baum, publié en 1900), il a également regroupé un ensemble de magazines destinés à l’enfance et à l’adolescence pour choisir des figures qu’il décalque et transpose sur ses dessins. Comment aurait-il opéré dans les années 90 et aujourd’hui où l’imagerie populaire féconde d’autres rapports à soi et aux autres ? Pour Kevin Blinderman, si “Henry Darger était ici, il ferait du NightCore”, un sous-genre musical principalement diffusé et consulté sur Youtube. Ce style est caractérisé par une accélération de la mélodie et son affinité visuelle avec les Manga, où règne une hypersexualisation des corps féminins standardisés frôlant avec un grotesque juvénile. Alimenté par un groupe de fans anonymes, le NightCore est une pratique brute et post-pop dont les évocations multiples nous entraînent vers les territoires extrêmes que l’on peut rattacher, dans une certaine mesure, à l’œuvre de Darger : illustration, DIY, sexualisation de la fillette, anonymat et réinterprétation de la culture populaire. Pour Thomas Liu Le Lann, la violence à l’œuvre dans cette épopée pour adultes aux allures de livres pour enfant, que The Story of the Vivian Girls in the Realms of the Unreal, le conduit à manipuler les codes d’une esthétique froide où se jouent et se déjouent les codes de la masculinité (hypermasculinité et masculinité douce) et de la sexualité dite déviante. Investi dans la déconstruction de ce modèle héroïque dominant, il répond au principe de transformation au cœur de l’œuvre de Darger, peuplé de Benglins. Paul-Alexandre Islas s’en empare également, avec une facilité non dissimulée pour la couleur et la customisation d’uniforme qui tend, après la personnalisation, vers un fantastique DIY. Si l’uniforme est de mise dans l’œuvre de Darger (fasciné par ceux des scouts), il l’est aussi pour Islas qui cherche, par celui-ci, à situer son intrigue dans un réel consolidé par ses fictions personnelles.

JULIA MARCHAND/EXTRAMENTALE

Notes:
1- Dans les premières oeuvres de Darger (notamment celles exposées au sein Abbiennian Novlangue), la nudité se fait rare. Elle vient principalement lorsque Darger dépeint des scènes tortures et de massacre, qui exposent les souffrances infligées par les adultes Glandeliniens aux enfants esclaves. La nudité peut apparaître à d’autres moments, plus paisibles, dans son oeuvres ultérieures.
2- On éloigne ici tout rapprochement entre la vie et l’oeuvre de Darger dont la pratique sexuelle aurait été quasiment inexistante. Le Dictionnaire Dargerien du catalogue d’exposition du MAMVP relève, sous l’entrée “Genre” que des personnages changent de sexes autour du roman et que l’artiste lui-même endosse la personnalité d’Annie Aronburg, l’héroïne de la rébellion des enfants esclaves. Par ailleurs l'artiste a été considéré par certain.e.s comme appartenant à la communauté homosexuelle de Chicago (Jim Elledge, 2013)


Henry Darger (1892–1973) wrote on the title page of the first volume of The Story of the Vivian Girls in the Realms of the Unreal: “By Henry Joseph Darger. The author of a gripping tale.”

And gripping his written work most certainly is. Sprawling over 1,500 typewritten pages and covering several volumes, Henry Darger’s epic narrative tells the story of seven Vivian sisters and child slaves subject to violence perpetrated by adults, the sadistic Glandelinians. The artist also conjures up illustrations that quickly take on a life of their own. Battle scenes and massacres featuring scantily dressed young girls with penises are but a part of his prolific visual production(1). Yet it is those scenes that have caught the attention of the artist’s detractors and admirers alike, as they bear witness to unheard-of violence and unusual ambiguity. Why do these little girls have male sexual organs?

The mystery remains, spawning endless conjectures: Darger, the “Poussin of pedophilia”; Darger the sadist; Darger, a sly old devil. One thing is certain: Henry Darger had had a difficult, lonely childhood which he then sought to reconstruct and reclaim through his fiction (2). Such an avalanche of wild speculation obscures the proto-pop dimension of his oeuvre. Year after year, Henry Darger collected press cuttings and advertisements representing little girls (including those reported missing), in addition to images from coloring books and children’s literature. This popular imagery lends a certain mawkishness to the depicted girls. Darger registers this disturbing convention typical of the era, even as he subverts it by rendering it more complex. By endowing his young protagonists with male organs, he unwittingly dismantles the enterprise of gender construction peddled in the press and children’s books. In a similar vein, he retrospectively instills gender consciousness that appeals to many contemporary artists, such as Paul Kindersley. The exhibition Abbieannian Novlangue originates from this observation and is intended as the first in a series devoted to Henry Darger’s legacy in contemporary art, and by extension, in the field of music, with Regina Demina.

Designed as the second part of an evolving traveling exhibition, Abbiennian Novlangue brings together eight emerging artists, most of whom were featured in the first iteration (Henry Darger Summer Camp, Arles, May 2019). They are aged between 22 and 34 and reside mainly in Europe, with the exception of Salome Jokhadze, a young Georgian artist, whose painting represents the strange, diminutive silhouette of a fabulous mystical girl saint. Only a mere handful of works adopt a narrative device “à la Darger”: an outdoor or indoor scene featuring androgynous and/or conventional female figures. Group scenes are absent from the exhibition, which seeks instead to underscore the relationship of young artists to the universe of childhood, whether made manifest through the processes of infantilization and demarcation in urban space—as in the case of Alban Diaz—or by reference to Andersen’s tales, such as the Little Mermaid, combined with Internet culture and Selfish, as in the case of Matthias Garcia.

This exhibition thus raises the inevitable question of the material conditions of the production of Darger’s work. Nourished by the literary culture of his time (including Frank Baum’s The Wizard of Oz, published in 1900), Darger also assembled a collection of children’s and teenage magazines as source material for his figures, which he would transfer and transpose onto his drawings. What would his work have been like in the 1990s or today, when popular imagery informs one’s relationships with oneself and others? As Kevin Blinderman puts it, if “Henry Darger were here, he would make Nightcore,” a musical sub-genre broadcast and accessed mainly via YouTube. This type of music is characterized by an accelerating tempo as well as visual affinity with manga, which are dominated by hypersexual, stylized female bodies bordering on juvenile grotesque. Fueled by a group of anonymous fans, Nightcore is a raw, post-pop practice where a wide range of references takes us into extreme territories that may be likened, to some extent, to Darger’s work: illustrations, DIY, the sexualization of female children, anonymity, and reinterpretation of popular culture. The violence at work in The Story of the Vivian Girls in the Realms of the Unreal, an epic for adult audiences with the allure of a children’s book, leads Thomas Liu Le Lann to manipulate a cold aesthetic, playing with and deconstructing the codes of masculinity (hypermasculinity and soft masculinity) and so-called deviant sexuality. Engaged in dismantling the dominant heroic model, Le Lann responds to the principle of transformation at the heart of Darger’s Benglin-populated work. Paul-Alexandre Islas likewise grabs hold of this idea of transformation with an undisguised facility for color and for customizing and personalizing uniforms that tend toward a DIY fantasy. For while the uniform is at home in the work of Darger (who was fascinated with boy scouts), Islas uses it to ground his story in reality consolidated through his personal fictions.

JULIA MARCHAND/EXTRAMENTALE

Notes:

1-In his early works, and specifically in those exhibited in Abbiennian Novlangue, nudity is infrequent. Darger resorts to it mainly in scenes of torture and massacre to highlight the suffering inflicted on child slaves by the grownup Glandelinians. In later works, nudity may also appear in other, more peaceful contexts.
2- We distance ourselves from any parallels between Darger’s life and work, as the artist’s sexual life would have been practically nonexistent. The Darger Dictionary in the MAMVP catalog informs us, under the entry for “Gender,” that protagonists change gender throughout the novel, and that the artist himself takes on the character of Annie Aronburg, the heroine of the child slave rebellion. Moreover, the artist has been considered by some as belonging to Chicago’s homosexual community (see Jim Elledge, 2013).

PRESS:

abbiennian-novlangue-press-release.pdf (127.35 kB)

Sultana