↑ Sophie Varin, Manques, 2021, oil on linen, 6 x 7,5 cm
↑ Sophie Varin, Hollow Squint, 2021, oil on linen, 5,5 x 4,5 cm
↑ Sophie Varin, Temporary Trust, 2021, oil on cotton, 9 x 7 cm
↑ Sophie Varin, Faille, 2021, oil on linen, 9 x 7 cm
↑ Sophie Varin, Vaguely Hot, 2021, oil on cotton, 9 x 7 cm
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↑ Sophie Varin, Unrecognizable Elements of Fate, 2021, oil on cotton, 14,5 x 9 cm
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↑ Sophie Varin, Reasonable Doubt, 2021, oil on linen, 9 x 7 cm
↑ Sophie Varin, Diversion, 2021, oil on cotton, 14,5 x 9 cm
↑ Sophie Varin, La Vue Haute, 2021, oil on wood, 6 x 4,5 cm
↑ Sophie Varin, La Part Inedite, 2021, oil on wood, 6 x 4,5 cm
↑ Sophie Varin, Small Talk, 2021, oil on wood, 4,5 x 3 cm
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↑ Sophie Varin, Decouvert, 2021, oil on wood, 6 x 4,5 cm
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↑ Sophie Varin, Hovering, 2021, oil on cotton, 14,5 x 9 cm
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PRESS RELEASE:

La galerie Sultana dans le quartier Belleville à Paris. Une exposition personnelle de Sophie Varin, artiste française basée en Belgique. Elle comprend des peintures miniatures et des éléments sculpturaux. C’est l’automne, une saison qui est à la fois une fin et un début, nostalgique et pleine de potentiel. Au-delà de l’espace liminal de la galerie, existe une société de plus en plus polarisée ; un monde en zéros et uns, aux contrastes sans nuances.

À l'intérieur de la galerie, par contre, nous trouvons la mise-en-scène d’un état vague.

La manière de regarder le monde extérieur à laquelle nous nous sommes habitués – une façon rapide, et tournée vers l’extraction directe de sens – ne sera pas utile ici. Au contraire, le.la spectateur.trice devrait déambuler dans la salle comme un.e détective en quête du souvenir d’un rêve. Un rêve, confronté trop brusquement aux facultés de la mémoire, s’effondre instantanément au moment du réveil. L’esprit se voit obligé d’agir comme un grand filet de pêche, qui encercle doucement les sensations et les images d’une perception douteuse, plutôt que d’essayer de saisir le fil d’une compréhension logique.

Un ensemble de tableaux miniatures multicolores, pas plus grands que des cartes à jouer, tapisse les murs. Leur taille séduisante nous attire vers un domaine onirique dans lequel des personnages sans traits sont suspendus contre des fonds ressemblant à des aubes et crépuscules incandescents. Débordantes d’intrigues, les toiles nous refusent la satisfaction d’un récit limpide. Elles oscillent entre différents degrés de lisibilité, nous invitent à nous oublier dans leur monde mystique avant de refondre dans le pigment brouillé.

Deux bancs laqués noirs aux proportions particulières rappellent notre attention dans l’espace physique de la galerie. Leurs couleurs évoquent le motif tacheté de la peau venimeuse du crapaud au ventre de feu. Ne mesurant pas plus que cinq centimètres, le ventre éclatant de ce crapaud est son meilleur leurre et sa première tactique de défense. Lorsqu’il est en danger, il se tord de façon à menacer ses prédateurs avec ce magnifique poison abdominal. Comme les peintures, ce petit crapaud semble dire, “Approchez-vous mais prenez gare, car je ne suis pas ce dont j’ai l’air.”

Un pantalon en soie est jeté sur un des bancs, comme un costume enlevé négligemment entre deux scènes. Il est cousu de telle façon qu’il n’y a ni devant ni derrière, ni dedans, ni dehors, suggérant l’incarnation de l’exposition entière : une figure sans direction ni polarité, qui existe, mais qui est peut-être impossible à percevoir après tout.

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The Sultana Gallery in the Belleville neighborhood of Paris. A solo exhibition of miniature paintings and sculptural elements by the French-born, Brussels-based artist sophie varin. It is autumn, a season that is both beginning and end, nostalgic and full of potential. Beyond the liminal space of the gallery lies an increasingly polarized society; a world rendered in zeros and ones, starkly contrasted with little nuance.

Inside the gallery, however, we encounter a staging of the experience of vagueness. The type of perception that we have grown accustomed to in the outside world – a form of direct, rapid looking, geared toward the extraction of meaning – shall be of little use as we investigate the scene. Rather, the viewer should attempt to tread loosely around the room, like a detective engaged in the task of recalling a dream. A dream, affronted too directly by the faculties of recollection upon waking, evaporates instantaneously. The mind is thus required to act less like a fishing rod and more like a wide net as it attempts to sift out the tangible senses and images of a dubious reality.

A cast of tiny colorful paintings, each no larger than a playing card, line the walls. Tactical in size and beguiling in character, they beckon us into an oneiric realm in which featureless figures are suspended in action against the backdrop of an incandescent palette of dawns and dusks. Brimming with intrigue, the paintings deny us the gratification of a discernible narrative. They oscillate between gradients of legibility, inducing our suspension of disbelief one moment, only to transform back into the washy, amorphous forms of pigment in the next.

Calling our attention back into the physical space are two black lacquered benches of peculiar proportions that recall the spotted epidermal motif of the poisonous fire-bellied toad. Measuring no longer than five centimeters, the amphibian’s dazzling orange underside is at once it’s greatest lure and first line of defense. When threatened, it flips onto its back, exposing its magnificent yet lethal paunch to predators as a warning. Like the paintings, the small frog seems to say, “come close, but not any closer, for I am not what I seem”. A pair of silken trousers lies strewn across the benches, like a costume cast off in the interval between performances. Made of four multi-colored panels with fly-fastenings on both the front and back, they suggest the embodiment of Ni Bien Ni Mal: the directionless figure who exists yet is perhaps impossible to perceive after all.

Mélanie Scheiner

Sultana